dimanche 10 janvier 2021

La «bombe à retardement» du mal-logement

 

La «bombe à retardement» du mal-logement en France


Dans son nouveau rapport, la Fondation Abbé-Pierre dénonce la précarisation grandissante dans l'hexagone aggravée par la pandémie de Covid-19 et regrette que la question du logement ne soit pas une priorité du gouvernement.

Olivier Bonnel - Cité du Vatican

Les années suivent et se ressemblent quand il s'agit d'évoquer la précarité en France. Parmi ses indicateurs, celui du logement qui confirme une dynamique inquiétante: il y a de plus en en plus de mal-logés dans l'Hexagone.

Dans son rapport annuel sur le mal-logement publié ce mardi, la Fondation Abbé Pierre dévoile ces tendances profondes, aggravées par la crise sanitaire. Même si le gouvernement a pris des mesures pour alléger l'impact de la crise, comme l'allongement de deux mois de la trêve hivernale, qui interdit toute expulsion locative, ou une trêve sur les coupures d'énergie en raison des impayés de chauffage, les tendances structurelles restent les mêmes. 

Il y a d'abord ce chiffre brut et vertigineux: 300 000 personnes en France étaient privés de domicile au mois de novembre 2020, selon le rapport de la fondation. Ceci recouvre aussi bien les sans-abris que les personnes hébergées dans des structures d'urgence temporaires. Un nombre qui a doublé depuis 2012 précise la fondation Abbé Pierre. Les sources d'inquiétude ne manquent pas écrit la fondation, «avec un risque sanitaire toujours présent, l’isolement et le délitement des liens sociaux dus au confinement, la perte de revenus liée au ralentissement de l’activité économique et le chômage qui devient l’horizon de millions d’actifs».

L'impact de la crise sanitaire

A des tendances de fonds qui ne cessent de s'accentuer s'est ajoutée ces derniers mois la crise sanitaire liée au Covid-19. Une «double-peine» pour les personnes mal-logées s'inquiète l'association. Le rapport reprend avec acidité les propos du président Emmanuel Macron le 16 mars 2020 lorsqu'il a annoncé à la France le premier confinement, encourageant ses concitoyens à «rester chez eux et limiter les contacts», soulignant que pour nombre de personnes, le «chez soi» restait une utopie. «La crise sanitaire révèle l’ampleur de la crise sociale et du logement, mais les aggrave également, dès aujourd’hui et sans doute hélas à l’avenir. Face à cela, l’intervention sociale montre ses limites, en se repliant sur l’aide
humanitaire, relayée par de nombreux gestes de solidarité
» note la fondation Abbé Pierre.

L'association s'indigne notamment d'expulsion pendant le confinement de personnes, comme les gens du voyages, stationnant sur des terrains de manière «illicite» n'ayant pu trouver de place sur les traditionnelles aires d'accueil. 

Si la Fondation Abbé Pierre reconnaît des efforts de la part des pouvoirs publics dans la mise à l'abri des personnes les plus précaires, saluant par exemple la réquisition par l'État de locaux dans certaines agglomérations, elle regrette néanmoins un manque de moyens pour répondre à l'urgence des besoins. Par ailleurs, relève encore la fondation, les « grands précaires » à la rue (qu’ils soient avec animaux, souffrant d’addictions, de troubles psychiques…) «ont constitué le public pour lequel les réponses ont le plus tardé à se mettre en place.

Quel «monde d'après?»

Ce rapport pose aussi la question des choix prioritaires du gouvernement et regrette que la question du logement ne soit pas en haut de l'agenda politique. C'est d'ailleurs le cas depuis 2017 et l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron en 2017. Il pose ainsi clairement la question du modèle de société à construire en tirant les conséquences économiques et sociales de la crise sanitaire. 

«Ne pensons pas simplement que cette crise « finira bien par passer », car ses séquelles risquent d’apparaître encore pendant longtemps», relève Laurent Desmard, le président de la Fondation Abbé Pierre, dans sa présentation du rapport. «Regardons plutôt ce qu’elle révèle de nos fragilités, de nos insuffisances collectives, comme de nos forces politiques, associatives, citoyennes et nos capacités à venir en aide aux plus souffrants, comme nous l’invitait à le faire sans relâche notre fondateur.»

La fondation met notamment l'accent sur le défi de la rénovation énergétique plaidant notamment pour la mise en place d'«un véritable service public pour la performance énergétique des bâtiments au niveau local» et le déblocage de subvention pour la rénovation complète des logements des ménages les plus modestes. Un rapport qui se veut en forme d'avertissement pour les prochaines échéances électorales: «les candidats à la présidentielle de 2022 doivent se saisir de ce symbole à la croisée des enjeux sociaux et climatiques, et en faire une des causes incontournables de cette nouvelle décennie», précise la fondation

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samedi 2 janvier 2021

Au service de la Fraternité - La Vidéo du Pape François - Janvier 2021

 Prions pour que le Seigneur nous donne la grâce de vivre en pleine fraternité avec nos frères et sœurs d’autres religions, en cessant de nous opposer, et en priant les uns pour les autres, ouverts à tous.

Pape François – Janvier 2021

mardi 15 décembre 2020

Calendrier de l'Avent 2020

 Suite au calendrier de l'Avent 

La fin d’année 2020, dans un contexte particulier, a été vécu dans le partage. Une invitation à la réalisation un calendrier inversé, complément du calendrier de l’Avent traditionnel, avait été faite. Beaucoup ont répondu à cet appel et de nombreux colis sont arrivés à Beth’Anaia (maison du frère) afin d’être redistribués à des familles aux ressources modestes (ou sans), à des personnes seules en Ehpad, à des personnes à la rue ou dormant dans leur voiture, à des migrants… Tous ont été touchés par ces cadeaux que certains avaient mis beaucoup de cœur à réaliser. De leur part à tous, un très grand merci. La diaconie est l’affaire de tous et cette belle réalisation l’a révélée. Chacun, par un sourire, un service, un don peut œuvrer pour le service des plus fragiles.



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dimanche 13 décembre 2020

« Ensemble, jusqu’au bout ».

 Les religieuses de la communauté Saint-Jean, en Saône-et-Loire, viennent de mettre en ligne un clip assez incroyable, dans lequel elles dansent et chantent, sourire aux lèvres. Avec un message fort à faire passer : elles veulent vivre ensemble, avec leurs aînées, jusqu’au moment inéluctable de monter vers les cieux.


samedi 14 novembre 2020

Petit journal du 42 N° 9

  

Tend ta main aux pauvres,

 Tend ta main aux pauvres, angélus, 15 novembre 2020, Pape François


Le Pape François exhorte à suivre Jésus en se mettant au service aux pauvres

Le Pape François a célébré ce dimanche 15 novembre à la basilique Saint-Pierre la messe pour la Journée mondiale des Pauvres, depuis l’autel de la Chaire et devant une assistance limitée en raison de la pandémie de coronavirus. Dans son homélie, il a développé une réflexion sur le sens de la parabole des talents, tirée du 25e chapitre de l’Évangile selon saint Matthieu, lu ce jour à la messe.

«Pour nous aussi, tout a commencé avec la grâce de Dieu qui est Père et qui a mis dans nos mains beaucoup de biens, en confiant à chacun divers talents», a expliqué François en mettant cette parabole en lien direct avec nos vies. «Nous sommes porteurs d’une grande richesse, qui ne dépend pas de tout ce que nous avons, mais de ce que nous sommes : de la vie reçue, du bien qu’il y a en nous, de la beauté qui ne peut être supprimée dont Dieu nous a dotée, parce que nous sommes à son image, chacun d’entre nous est précieux à ses yeux, unique et irremplaçable dans l’histoire.»

Le Pape a insisté sur la stérilité des regrets que nous avons parfois tendance à cultiver avec complaisance, plutôt que d’investir sur nos capacités : «"Si seulement j’avais cet emploi, si seulement j’avais cette maison, si seulement j’avais de l’argent et du succès, si seulement je n’avais pas ce problème, si seulement j’avais de meilleures personnes autour de moi !..." L’illusion du "si seulement" nous empêche de voir le bien et nous fait oublier les talents que nous avons. Mais Dieu nous les a confiés parce qu’il connaît chacun d’entre nous et sait de quoi nous sommes capables ; il nous fait confiance, malgré nos fragilités. Il fait aussi confiance à ce serviteur qui cachera le talent : il espère que, malgré ses peurs, lui aussi utilisera bien ce qu’il a reçu. En somme, le Seigneur nous demande d’utiliser le temps présent sans nostalgie pour le passé, mais dans l’attente active de son retour», a insisté le Pape.

Ne pas se complaire dans une attitude trop prudente
«Dans l’Évangile, les bons serviteurs sont ceux qui risquent. Ils ne sont pas circonspects et méfiants, ils ne conservent pas ce qu’ils ont reçu, mais l’utilisent. Parce que le bien, s’il n’est pas investi, se perd; parce que la grandeur de notre vie ne dépend pas de ce que nous mettons de côté, mais du fruit que nous portons», a insisté François. 

Dans cet extrait de l’Évangile, «les serviteurs qui investissent, qui risquent, par quatre fois sont appelés "fidèles" (vv. 21.23). Pour l’Évangile, il n’y a pas de fidélité sans risque. Etre fidèles à Dieu c’est dépenser sa vie, c’est laisser bouleverser ses plans par le service. C’est triste quand un chrétien joue sur la défensive, en s’attachant seulement à l’observance des règles et au respect des commandements. Ceci ne suffit pas, la fidélité à Jésus n’est pas seulement de ne pas commettre des erreurs», a insisté l’évêque de Rome. Le Pape a ainsi dénoncé les chrétiens trop «mesurés», qui se focalisent sur le respect des règles mais qui finissent par devenir rigides comme des «momies».

Le serviteur paresseux, dans cette parabole, n’a certes «rien fait de mal! Oui, mais il n’a rien fait de bien. Il a préféré pécher par omission plutôt que risquer de se tromper. Il n’a pas été fidèle à Dieu, qui aime se dépenser; et il lui a fait la pire des offenses: lui restituer le don reçu. Le Seigneur nous invite par contre à nous mettre généreusement en jeu, à vaincre la crainte par le courage de l’amour, à dépasser la passivité qui devient complicité.»

S’enrichir dans l’amour et non dans l’accumulation de biens
Les banquiers dont il est question dans l’Évangile du jour sont les pauvres: «Ils nous garantissent un revenu éternel et nous permettent dès maintenant de nous enrichir dans l’amour. Parce que la plus grande pauvreté qu’il faut combattre est notre pauvreté d’amour. Le Livre des Proverbes loue une femme laborieuse dans l’amour, dont la valeur est supérieure aux perles: il faut imiter cette femme qui, dit le texte, "tend la main au malheureux"(Pr 31, 20). 
Tends la main à celui qui est dans le besoin, au lieu d’exiger ce qui te manque: ainsi tu multiplieras les talents que tu as reçus», a expliqué François. Et aujourd’hui, plutôt que de se demander ce qu’on l’on pourra acheter pour Noël, il vaut mieux se poser la question «Qu’est-ce que je peux donner aux autres, pour être comme Jésus, qui s’est donné lui-même».
«À la fin de la vie, la réalité sera dévoilée : la fiction du monde selon laquelle le succès, le pouvoir et l’argent donnent sens à l’existence, déclinera, pendant que l’amour, celui que nous avons donné, émergera comme la vraie richesse.» «Demandons la grâce de voir Jésus dans les pauvres, de servir Jésus dans les pauvres», a exhorté François.

En conclusion de son homélie, le Pape a remercié «les nombreux fidèles serviteurs de Dieu, qui ne font pas parler d’eux, mais qui vivent ainsi», en évoquant notamment l’abbé Roberto Malgesini, un prêtre assassiné à Côme, au nord de l’Italie, le 15 septembre dernier, et qui avait consacré sa vie aux sans-abri et aux personnes marginalisées. «Ce prêtre ne faisait pas de théories ; simplement, il voyait Jésus dans le pauvre et le sens de la vie dans le service. Il essuyait les larmes avec douceur, au nom de Dieu qui console. Le début de sa journée était la prière, pour accueillir le don de Dieu; le centre en était la charité, pour faire fructifier l’amour reçu; la fin un limpide témoignage de l’Évangile. Il avait compris qu’il devait tendre la main aux nombreux pauvres qu’il rencontrait quotidiennement, parce qu’il voyait Jésus en chacun d’eux.»

«Demandons la grâce de ne pas être des chrétiens seulement en paroles, mais aussi dans les faits. Afin de porter du fruit, comme le désire Jésus», a conclu le Pape François.

À la fin de la célébration, des denrées alimentaires ont été distribuées aux personnes démunies aux abords de la place Saint-Pierre.

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