mercredi 10 mars 2021

café associatif

 

« Je voudrais enserrer le monde dans un réseau de charité » affirmait magnifiquement Frédéric Ozanam, le fondateur de la Société Saint-Vincent de Paul au 19e siècle. Cette phrase m’a toujours plu et enthousiasmé, je pense qu’il n’est pas inutile de la convoquer au seuil d’une courte réflexion sur le rôle du Dorothy en tant que lieu d’accueil et de liens interpersonnels.

En tant que café associatif, nous sommes en effet amenés à accueillir et à rencontrer beaucoup de personnes d’horizons divers.

Quel rapport aux personnes édifier dans un tel lieu ? Comment y œuvrer à l’harmonie, à la concorde et à la créativité ? Comment procéder pour que les libertés et les personnalités, plutôt que de s’entrechoquer, se contourner ou se blesser, s’inspirent, se nourrissent et se stimulent ? 

Dans les lignes qui suivent, j’essaie, à partir de l’expérience de bénévole qui est la mienne, de proposer quelques pistes.

Notre première tâche consiste à accueillir des personnes toutes uniques.


Il faut que les personnes qui pénètrent au Dorothy rencontrent des personnes, non qu’elles se heurtent à une « structure », un système. Notre monde est plein de structures impersonnelles et mécaniques où la conscience ne semble pas avoir sa place tant les fonctions et les finalités poursuivies sont lointaines et générales. L’homme singulier y est un numéro, l’exemplaire d’une catégorie générale, un statut. L’échange direct et de cœur à cœur y est presque impossible, non parce que les personnes qui y travaillent sont cruelles, lâches ou sans âme, mais parce qu’un ensemble de procédures, de contraintes et de fonctionnements s’interposent entre les hommes et les plient à leur loi d’airain. D’où le fait logique qu’en de telles structures la responsabilité est souvent introuvable. 

Un accueil véritablement humain repose sur l’attention et la disponibilité.

Accueillir, c’est recevoir la personne qui advient comme dotée de dignité, c’est à dire comme un être qui n’a pas à « faire ses preuves » mais dont la valeur est déjà présente, donnée, à reconnaître et à contempler comme une évidence. Dorothy Day n’a cessé de répéter que l’autre n’est pas à aimer parce que le Christ nous le demande, mais parce qu’il est l’image même du Christ, c’est à dire de l’Amour. Porter ce regard sur autrui n’est ni toujours spontané, ni toujours aisé, cela


s’apprend et se cultive, cela suppose de dépasser nos humeurs et nos affinités naturelles. Je dirais même que cela exige la conversion de tout notre être à l’amour auquel l’Évangile ne cesse de nous inviter comme à une promesse accessible et heureuse. De cette conversion jaillit une nouvelle manière de voir le monde et les personnes qui le peuplent. Une lumière nouvelle, venue de Dieu et reçue dans la foi, enveloppe les choses et les êtres, nous les rendant tout à la fois extrêmement concrets et mystérieusement surnaturels. La lumière de la foi n’éloigne pas du monde, elle donne au monde sa véritable épaisseur, sa texture divine. 

 

Pour nous chrétiens, la dignité est indissociable de la personne humaine, image de Dieu, destinée au bien et capable de bien. Avoir foi en Dieu et avoir foi en l’homme est un geste indissociable. Car avoir foi en l’homme, c’est avoir foi dans le fait que chacun peut se hisser très concrètement, si les conditions sociales l’y encouragent, à la hauteur de sa propre image divine. C’est exigeant, peut-être fou – c’est un acte de foi ! – mais cet acte de foi peut trouver, dans l’expérience, de belles raisons de se maintenir et de prospérer. 

Une certaine charité mal comprise nous persuade qu’accueillir revient à accepter tout de l’autre. C’est une erreur. Une erreur compréhensible car on pense échapper par elle à la culpabilité découlant d’une difficulté à incarner l’autorité d’une part, au conflit dont on craint l’issue d’autre part. Pourtant, aimer l’autre, c’est désirer et œuvrer à son bien. Si son attitude est contraire à son bien et au bien commun, il est légitime et nécessaire de fixer des limites et d’exiger le respect d’autrui. Par exemple, écouter n’est pas subir un questionnement intrusif. Autre exemple : faire preuve de compassion n’est pas tolérer des comportements indécents ou déplacés. En chaque situation, il faut discerner où se situe le bien, c’est à dire le chemin souhaité par Dieu pour cette personne, à ce moment précis. 

Ce chemin est forcément un chemin de charité, c’est à dire d’amour et de bonheur, mais la charité possède de multiples langages. Elle peut donc prendre des formes variées, de l’écoute la plus sincère à la fermeté la plus nette. 

Dieu nous appelle à nous donner mais il est faux et dramatique de penser que le don implique forcément la souffrance.

Le Christ nous a avertis sur le fait que la souffrance et le rejet surviendraient si nous le suivions jusqu’au bout, mais il ne nous a pas demandé de chercher la souffrance comme on recherche un critère de légitimité. L’originalité de l’Évangile est au-delà de l’appel au don de soi ; elle se trouve dans l’idée révolutionnaire que du don de soi découle le véritable bonheur. Certes, désirer mettre le don au centre de sa vie implique sans doute de mourir en partie à soi-même, c’est à dire d’apprendre à se décentrer, d’apprendre à voir la vie comme une tâche de dépense de notre être intérieur, non comme un exercice d’accumulation d’avoirs matériels. En ce sens, se donner revient à refuser la possession et la maîtrise de soi par soi. Donner, c’est se déposséder car c’est faire place en moi à ce qui est autre que moi. Cette capacité au don n’est pas figée comme une caractéristique naturelle. Elle n’est pas une « qualité individuelle », un « skill » comme se plaît à nous l’enseigner la non-pensée managériale contemporaine. Car cette capacité se demande à Dieu, se reçoit de Lui et se cultive avec Lui comme une grâce, s’élargissant à mesure que l’inspiration divine creuse en nous ses voies et ses appels. Sur ce point, il nous faut être à la fois pleinement humble et pleinement fou. Humble : mesurer et reconnaître lucidement jusqu’à quel point je peux me donner, aux différentes étapes de ma vie, sans sombrer dans la dangereuse illusion de me croire un surhomme. Fou : ne cesser de demander à Dieu les ressources intérieures à un plus grand don de moi-même, ne cesser d’aiguiser en moi le désir de sainteté, vocation véritable à laquelle Dieu destine tous ses enfants. La vocation, au sens plein du terme, n’est pas, par un doux matin d’octobre, se sentir une âme de banquier, de footballeur ou bien d’artiste ; c’est se découvrir appelé à un don total de soi-même transcendant nos différents secteurs de vie (professionnel, familial, associatif, politique…)

L’accueil véritable ne se satisfait pas d’une relation où la répartition des rôles entre celui qui donne et celui qui reçoit est figée dans une asymétrie.

Il vise une relation plus égalitaire où chacun est invité à donner à son tour


. Et cela non pas parce que nous sommes attachés à l’idéal budgétaire de la Banque Centrale Européenne des comptes à l’équilibre, mais parce que nous croyons que l’homme est un être social et créateur qui aspire à participer à une œuvre collective le dépassant, par laquelle et dans laquelle il peut se reconnaître. Cela signifie concrètement que chacun doit être invité à faire vivre « selon ses moyens » l’œuvre collective dont il bénéficie par ailleurs. Il faut sans cesse faire place, guetter les bonnes volontés, se faire médiateur entre les bonnes
aspirations et leur concrétisation, déminer les timidités et les hontes, être aimant, rassurant, inspirant. Ne pas exiger mais inviter ; ne pas immobiliser mais encourager. Tâche infinie, tâche exigeante, tâche exaltante ! L’être humain n’est pas fait pour des buts moyens mais pour des fins élevées. Le manque d’humilité, c’est de penser que de telles fins sont faciles à accomplir, non de penser qu’il est possible de les viser. 

Le bien commun n’est pas une réalité figée, donnée une fois pour toutes, mais une réalité vivante et dynamique, qui demande à être créée.

Au Dorothy, le bien commun consiste à se laisser inspirer par l’Évangile pour animer un lieu de cohabitation (café associatif et ateliers de travail), d’entraide (activités de solidarité) et de formation (activités intellectuelles, artistiques et manuelles). Il est possible que d’un tel lieu émanent des désirs d’engagement et de mobilisation politiques, des idées de combats et des modes d’organisation particuliers. Le Dorothy consiste également à mutualiser les forces et répartir les efforts afin de maintenir un lieu fonctionnel, en état de marche. Le Dorothy ne tient que par une mise en commun permanente et renouvelée de ressources morales (écoute, échanges, discernements…), spirituelles (prières communes, retraites…) ou matérielles (temps, services…). 

J’aime l’image du feu qui brûle dans la cheminée : la cheminée, c’est le lieu ; le feu, c’est l’activité qui s’y produit. Si nous restons assis devant le feu, si peu à peu nous nous encroûtons et nous nous empâtons, le feu
s’éteint. Restent de gros corps las, avachis sur des fauteuils, dans une lourde atmosphère tiède et enfumée, qui se racontent leur vie passée en se désespérant du temps présent. Au contraire, si nous ne cessons de chercher du bois et de nourrir le brasier, le feu grandit, la joie aussi, la vie ne cesse de se développer autour de la cheminée, souvent de manière inattendue et étonnante. Tel peut être notre état d’esprit : intégrer à l’œuvre d’alimentation du feu qui crépite toujours plus de nouvelles personnes. Se convaincre qu’il n’y a pas de petits rôles ; que l’acte de créer un lieu n’est jamais derrière soi mais dans le présent et l’avenir ; que balayer la cendre tombée de l’âtre sur le sol est utile au même titre que d’aller dénicher de nouvelles réserves de bois. Dans cette œuvre, il faut veiller à ne pas basculer dans l’activisme. Le feu s’alimente mais il se contemple également. Ce qui signifie qu’il est crucial de se ménager des temps de repos, de poésie, de rêverie… Cela est d’autant plus important que c’est dans cet état de disponibilité et de désœuvrement que peut survenir un événement inattendu,
que peut faire irruption un « prochain » inconnu, que peut naître et s’élever en soi un désir nouveau. L’essentiel restera toujours la chaleur qui vit dans les cœurs, non mesurable par l’intensité du feu qui brûle, car, oui, « c’est à l’amour
que vous aurez les uns pour les autres qu’ils reconnaitront que vous êtes mes disciples » (Jean 13-35).

mercredi 10 février 2021

Propositions de Carême à domicile

CARÊME 2021 : NOUS HABITONS TOUS LA MÊME MAISON

UNE SEULE PLANÈTE,
UNE SEULE HUMANITÉ,
UNE SEULE SOLUTION :
L'ÉCOLOGIE INTÉGRALE

Vous pourrez retrouver sur cette page plusieurs parcours pour vivre le Carême 2021

Proposition du CCFD Terre solidaire (Télécharger le livret)

Vous pouvez visiter et prier avec le chemin de Croix

Chemin de Croix: Téléchargez le chemin de croix 




SE DÉPOUILLER. DÉPOSER SON FARDEAU.
ÉCOUTER. CONTEMPLER.
SE RECONNECTER À LA NATURE,
AUX AUTRES, À DIEU
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                    Carême à domicile               


Un "Carême à Domicile" sous le signe du don de Dieu

Cinq années après la publication de l’encyclique Laudato Si’, au cœur d’une année de la Création souhaitée par le pape François, le diocèse de Metz propose sa démarche de Carême à domicile autour de cette question de la conversion à l’écologie intégrale, sous le titre Laudato Si’ : chemins de conversion.

Visitez la proposition 

Le vase cassé


samedi 30 janvier 2021

Visio le 11 février "FRATELLI TUTTI"




 Fratelli Tutti  se convertir pour une dynamique universelle au prochain

La nouvelle encyclique du Pape Fratelli Tutti  « Tous frères » publiée en octobre 2020 lance un appel à la fraternité universelle et l’amitié sociale.

Le 11 février prochain à 20 h 30 le Père François Bidaud, prêtre de notre diocèse, présentera l’encyclique Fratelli Tutti lors d’une visioconférence, ouverte à tous.

Pour vous inscrire :

dimanche 10 janvier 2021

La «bombe à retardement» du mal-logement

 

La «bombe à retardement» du mal-logement en France


Dans son nouveau rapport, la Fondation Abbé-Pierre dénonce la précarisation grandissante dans l'hexagone aggravée par la pandémie de Covid-19 et regrette que la question du logement ne soit pas une priorité du gouvernement.

Olivier Bonnel - Cité du Vatican

Les années suivent et se ressemblent quand il s'agit d'évoquer la précarité en France. Parmi ses indicateurs, celui du logement qui confirme une dynamique inquiétante: il y a de plus en en plus de mal-logés dans l'Hexagone.

Dans son rapport annuel sur le mal-logement publié ce mardi, la Fondation Abbé Pierre dévoile ces tendances profondes, aggravées par la crise sanitaire. Même si le gouvernement a pris des mesures pour alléger l'impact de la crise, comme l'allongement de deux mois de la trêve hivernale, qui interdit toute expulsion locative, ou une trêve sur les coupures d'énergie en raison des impayés de chauffage, les tendances structurelles restent les mêmes. 

Il y a d'abord ce chiffre brut et vertigineux: 300 000 personnes en France étaient privés de domicile au mois de novembre 2020, selon le rapport de la fondation. Ceci recouvre aussi bien les sans-abris que les personnes hébergées dans des structures d'urgence temporaires. Un nombre qui a doublé depuis 2012 précise la fondation Abbé Pierre. Les sources d'inquiétude ne manquent pas écrit la fondation, «avec un risque sanitaire toujours présent, l’isolement et le délitement des liens sociaux dus au confinement, la perte de revenus liée au ralentissement de l’activité économique et le chômage qui devient l’horizon de millions d’actifs».

L'impact de la crise sanitaire

A des tendances de fonds qui ne cessent de s'accentuer s'est ajoutée ces derniers mois la crise sanitaire liée au Covid-19. Une «double-peine» pour les personnes mal-logées s'inquiète l'association. Le rapport reprend avec acidité les propos du président Emmanuel Macron le 16 mars 2020 lorsqu'il a annoncé à la France le premier confinement, encourageant ses concitoyens à «rester chez eux et limiter les contacts», soulignant que pour nombre de personnes, le «chez soi» restait une utopie. «La crise sanitaire révèle l’ampleur de la crise sociale et du logement, mais les aggrave également, dès aujourd’hui et sans doute hélas à l’avenir. Face à cela, l’intervention sociale montre ses limites, en se repliant sur l’aide
humanitaire, relayée par de nombreux gestes de solidarité
» note la fondation Abbé Pierre.

L'association s'indigne notamment d'expulsion pendant le confinement de personnes, comme les gens du voyages, stationnant sur des terrains de manière «illicite» n'ayant pu trouver de place sur les traditionnelles aires d'accueil. 

Si la Fondation Abbé Pierre reconnaît des efforts de la part des pouvoirs publics dans la mise à l'abri des personnes les plus précaires, saluant par exemple la réquisition par l'État de locaux dans certaines agglomérations, elle regrette néanmoins un manque de moyens pour répondre à l'urgence des besoins. Par ailleurs, relève encore la fondation, les « grands précaires » à la rue (qu’ils soient avec animaux, souffrant d’addictions, de troubles psychiques…) «ont constitué le public pour lequel les réponses ont le plus tardé à se mettre en place.

Quel «monde d'après?»

Ce rapport pose aussi la question des choix prioritaires du gouvernement et regrette que la question du logement ne soit pas en haut de l'agenda politique. C'est d'ailleurs le cas depuis 2017 et l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron en 2017. Il pose ainsi clairement la question du modèle de société à construire en tirant les conséquences économiques et sociales de la crise sanitaire. 

«Ne pensons pas simplement que cette crise « finira bien par passer », car ses séquelles risquent d’apparaître encore pendant longtemps», relève Laurent Desmard, le président de la Fondation Abbé Pierre, dans sa présentation du rapport. «Regardons plutôt ce qu’elle révèle de nos fragilités, de nos insuffisances collectives, comme de nos forces politiques, associatives, citoyennes et nos capacités à venir en aide aux plus souffrants, comme nous l’invitait à le faire sans relâche notre fondateur.»

La fondation met notamment l'accent sur le défi de la rénovation énergétique plaidant notamment pour la mise en place d'«un véritable service public pour la performance énergétique des bâtiments au niveau local» et le déblocage de subvention pour la rénovation complète des logements des ménages les plus modestes. Un rapport qui se veut en forme d'avertissement pour les prochaines échéances électorales: «les candidats à la présidentielle de 2022 doivent se saisir de ce symbole à la croisée des enjeux sociaux et climatiques, et en faire une des causes incontournables de cette nouvelle décennie», précise la fondation

 Plus d'infos 

"Tout est en relation"

 Message du CMR national pour participer à un colloque sur l'écologie sur le thème
"Tout est en relation"

les 11, 12 et 13 février, en visio.
Participation gratuite
Pour la visio inscrivez-vous : ICI

cjb@univ-catholyon.fr vous recevrez le lien de connexion
Plus d'infos 

Page Facebook CMR 

CMR Vendée 


samedi 2 janvier 2021

Au service de la Fraternité - La Vidéo du Pape François - Janvier 2021

 Prions pour que le Seigneur nous donne la grâce de vivre en pleine fraternité avec nos frères et sœurs d’autres religions, en cessant de nous opposer, et en priant les uns pour les autres, ouverts à tous.

Pape François – Janvier 2021

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