dimanche 11 octobre 2020

Les jours pauvres


Il est parfois des jours pauvres, sans couleur, des jours où j’ai l’impression qu’un souffle pourrait me balayer comme une plume. Je me sens comme transparente, vide.

Ces jours-là, il me semble que seul mon handicap me rattache à la vie. Je me bats. J’avance parce qu’il le faut. Courses, ménage, travail. Se nourrir, dormir. Depuis l’enfance, j’ai appris à lutter. Je suis une lutteuse de fond. Je sais qu’il y a la vie au bout. La vie au fond.

 

Ces jours-là sont rares, heureusement. Si j’arrive à les traverser, c’est grâce à une multitude de visages. Nathalie, la boulangère, et son « bonjour ! » ensoleillé.

 

Mikaël, le chauffeur de bus, qui ralentit à mon approche et qui même, parfois, lance un petit coup de klaxon amical quand il me voit traverser la rue.

 

Virginie, la coiffeuse avec qui j’échange quelques mots chaque matin sur le trajet du travail, et nous parlons de la pluie, du beau temps, et encore de la pluie… en attendant l’arc-en-ciel !

 

Michel, mon voisin d’en face, et sa femme Rolande qui vivent, à 80 ans, avec leur fils autiste de 50 ans dans un petit studio. Michel, les cheveux hirsutes, indifférent aux conventions sociales, me hèle souvent par la fenêtre, son panier sous le bras, avant d’aller poser son linge à la laverie.

 

Toutes ces personnes, leur attention, leurs sourires même cachés par le masque, ne sauront peut-être jamais à quel point elles me sauvent. Dans ces jours pauvres dont je parle, elles constituent comme un maillage délicat qui m’empêche de tomber. Ce ne sont pas (ou pas encore) des amis proches ; je ne puisse pas non plus en elles la tendresse revigorante que je peux trouver parfois en famille. Mais ce sont, si j’ose dire, des « soignants du quotidien » qui me font croire que rien n’est perdu.

 

J’entends partout que le lien social se délite. Je me demande plutôt si nous sommes suffisamment attentifs à en saisir les infiniment délicates manifestations.

 

Cécile Gandon, ombresetlumiere.fr – 28 septembre 2020

Porteuse d’un handicap moteur, Cécile Gandon travaille dans l’associatif. Elle est l’auteur de « Timéo et sa drôle de famille » (Téqui).

mardi 6 octobre 2020

Tous frères

 Encyclique Fratelli Tutti  .


"Fratelli tutti",
 une encyclique au rayonnement universel
C’est une encyclique profondément sociale que le Saint-Père a signé sur la tombe de saint François d’Assise le samedi 3 octobre 2020. Dans le monde chrétien et au-delà, cette lettre résonne comme un appel à changer notre prisme pour le baser sur la fraternité et l’amitié sociale.

Prière au Créateur 
Seigneur et Père de l’humanité, toi qui as créé tous les êtres humains avec la même dignité, insuffle en nos cœurs un esprit fraternel. 
Inspire-nous un rêve de rencontre, de dialogue, de justice et de paix.
 Aide-nous à créer des sociétés plus saines et un monde plus digne, sans faim, sans pauvreté, sans violence, sans guerres. 
Que notre cœur s’ouvre à tous les peuples et nations de la terre, pour reconnaître le bien et la beauté que tu as semés en chacun pour forger des liens d’unité, des projets communs, des espérances partagées. Amen ! 
Prière chrétienne œcuménique 
Notre Dieu, Trinité d’amour, par la force communautaire de ton intimité divine fais couler en nous le fleuve de l’amour fraternel. 
Donne-nous cet amour qui se reflétait dans les gestes de Jésus dans sa famille de Nazareth et dans la première communauté chrétienne. 
Accorde aux chrétiens que nous sommes de vivre l’Évangile et de pouvoir découvrir le Christ en tout être humain, pour le voir crucifié dans les angoisses des abandonnés et des oubliés de ce monde et ressuscité en tout frère qui se relève.
 Viens, Esprit Saint, montre-nous ta beauté reflétée en tous les peuples de la terre, pour découvrir qu’ils sont tous importants, que tous sont nécessaires, qu’ils sont des visages 80 différents de la même humanité que tu aimes. Amen !

 Donné à Assise près la tombe de saint François, le 3 octobre de l’année 2020, veille de la fête du ‘‘Poverello’’, la huitième de mon Pontificat. Franciscus



"FRATELLI TUTTI" EN HUIT CHAPITRES

dimanche 4 octobre 2020

jeudi 10 septembre 2020

Fondation Rodhain

    

Au cours de différents échanges, de nombreux chrétiens m’ont dit leur malaise à employer le mot « pauvres », proposé par le pape pour la Journée mondiale des pauvres. Il convient de se poser quelques questions. 

- Qui est mal à l’aise avec ce mot ? Les « pauvres » eux-mêmes revendiquent ce titre. Ils savent ce que veut dire vivre sans toit, sans argent, sans santé, sans protection. Ils savent qu’ils sont entendus de Dieu quand ils crient vers Lui et ils ne se gênent pas pour le faire comme le psalmiste… Ils se savent aimés de Dieu et non méprisés par Lui. Le terme générique de « pauvre » ne les gêne pas ; c’est la pauvreté ou le mépris qui les fait souffrir.

Les personnes plus privilégiées ont l’impression de jeter l’opprobre sur le pauvre, de le juger, le classifier, le dévaloriser en employant ce mot. Elles veulent d’abord le reconnaitre comme un semblable, un frère sans l’étiqueter d’une manière qu’elles jugent dévalorisante. C’est très louable mais est-ce vraiment le bon moyen ? qui a dit que les frères étaient tous semblables et se ressemblaient ? ils font partie de la même famille mais n’y ont pas tous le même positionnement. En gommant cette différence de statut, on élimine aussi la personne du pauvre qui n’a plus aucune caractéristique particulière. Si nous sommes vraiment tous pareils pourquoi faire une Journée Mondiale des Pauvres ? il aurait fallu une journée mondiale de l’humilité. En refusant un vocabulaire précis, on risque d’éliminer l’objet… 

- Sommes-nous tous pauvres ? Oui bien sûr, si on entend le mot pauvres dans le sens « petits et faibles » devant le Seigneur, encore plus si on entend « pêcheurs ». Il est bon de reconnaitre l’amour si puissant de Dieu et de s’émerveiller que tant d’amour puisse concerner l’humanité avec ses faiblesses, ses lâchetés, ses compromissions et aussi ses espoirs et ses réalisations fraternelles. Mais avec la Journée Mondiale des Pauvres, le pape veut attirer l’attention sur ceux qui manquent de l’essentiel ou d’une partie de l’essentiel ; pas sur le chemin spirituel que chacun, chacune doit faire pour se reconnaitre petit devant Dieu. Le chemin spirituel proposé par le pape est celui de l’écoute et du partage avec des pauvres réels : écouter ce que ceux et celles qui vivent la misère ou l’exclusion ont à dire du rapport à la pauvreté, à la vie, à Dieu. Partager un repas, faire connaissance et échanger tout simplement. Les pauvres ne sont pas des saints mais ils connaissent la pauvreté concrètement. Ils invitent à un véritable chemin de conversion. La pauvreté du cœur ne se confond pas avec la pauvreté tout court.

Réflexion de la Fondation Rodhain


- Comment le mot pauvre est-il employé dans la bible ? Bien souvent de manière très concrète. Le pauvre manque de nourriture ou de vêtement ; il manque de protection (veuve, orphelin, étranger) et n’arrive pas à faire valoir ses droits. La bible dénonce ceux qui exploitent ou oppriment le pauvre. La pauvreté est à combattre parce que le pauvre est un humain qui ne mérite pas de vivre dans des conditions dégradantes. 

Parce que Dieu est Père de l’ensemble de la famille humaine, les chrétiens sont invités à lutter contre l’injustice et à aider leurs frères et sœurs qui en ont besoin. Jésus apporte le salut pour tous, même pour les pauvres... La persistance de la pauvreté dans le monde est un stimulant pour continuer à inventer des solutions plutôt que pour se décourager. L’évangile est une vraie bonne nouvelle pour les pauvres qui y sont écoutés, soulagés et sauvés. Le pape leur a donné la responsabilité de partager leurs découvertes avec tous. 

Pour parler de la Journée Mondiale des Pauvres, la page d’évangile la plus signifiante est sans doute celle du lavement des pieds : « Vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous ».


Christine Gilbert, directrice de la Fondation Rodhain


dimanche 30 août 2020

texte de la Fondation Rodhain

 texte de la Fondation Rodhain



Au cours de différents échanges, de nombreux chrétiens m’ont dit leur malaise à employer le mot « pauvres », proposé par le pape pour la Journée mondiale des pauvres

Il convient de se poser quelques questions.

 

-          Qui est mal à l’aise avec ce mot ? Les « pauvres » eux-mêmes revendiquent ce titre. Ils savent ce que veut dire vivre sans toit, sans argent, sans santé, sans protection. Ils savent qu’ils sont entendus de Dieu quand ils crient vers Lui et ils ne se gênent pas pour le faire comme le psalmiste… Ils se savent aimés de Dieu et non méprisés par Lui. Le terme générique de « pauvre » ne les gêne pas ; c’est la pauvreté ou le mépris qui les fait souffrir.

Les personnes plus privilégiées ont l’impression de jeter l’opprobre sur le pauvre, de le juger, le classifier, le dévaloriser en employant ce mot. Elles veulent d’abord le reconnaître comme un semblable, un frère sans l’étiqueter d’une manière qu’elles jugent dévalorisante. C’est très louable mais est-ce vraiment le bon moyen ? qui a dit que les frères étaient tous semblables et se ressemblaient ? ils font partie de la même famille mais n’y ont pas tous le même positionnement. En gommant cette différence de statut, on élimine aussi la personne du pauvre qui n’a plus aucune caractéristique particulière. Si nous sommes vraiment tous pareils pourquoi faire une Journée Mondiale des Pauvres ? il aurait fallu une journée mondiale de l’humilité. En refusant un vocabulaire précis, on risque d’éliminer l’objet…

 

-          Sommes-nous tous pauvres ? Oui bien sûr, si on entend le mot pauvres dans le sens « petits et faibles » devant le Seigneur, encore plus si on entend « pêcheurs ». Il est bon de reconnaitre l’amour si puissant de Dieu et de s’émerveiller que tant d’amour puisse concerner l’humanité avec ses faiblesses, ses lâchetés, ses compromissions et aussi ses espoirs et ses réalisations fraternelles. Mais avec la Journée Mondiale des Pauvres, le pape veut attirer l’attention sur ceux qui manquent de l’essentiel ou d’une partie de l’essentiel ; pas sur le chemin spirituel que chacun, chacune doit faire pour se reconnaître petit devant Dieu. Le chemin spirituel proposé par le pape est celui de l’écoute et du partage avec des pauvres réels : écouter ce que ceux et celles qui vivent la misère ou l’exclusion ont à dire du rapport à la pauvreté, à la vie, à Dieu. Partager un repas, faire connaissance et échanger tout simplement. Les pauvres ne sont pas des saints mais ils connaissent la pauvreté concrètement. Ils invitent à un véritable chemin de conversion. La pauvreté du cœur ne se confond pas avec la pauvreté tout court.

 

-          Comment le mot pauvre est-il employé dans la bible ? Bien souvent de manière très concrète. Le pauvre manque de nourriture ou de vêtement ; il manque de protection (veuve, orphelin, étranger) et n’arrive pas à faire valoir ses droits. La bible dénonce ceux qui exploitent ou oppriment le pauvre. La pauvreté est à combattre parce que le pauvre est un humain qui ne mérite pas de vivre dans des conditions dégradantes.

Parce que Dieu est Père de l’ensemble de la famille humaine, les chrétiens sont invités à lutter contre l’injustice et à aider leurs frères et sœurs qui en ont besoin. Jésus apporte le salut pour tous, même pour les pauvres... La persistance de la pauvreté dans le monde est un stimulant pour continuer à inventer des solutions plutôt que pour se décourager. L’évangile est une vraie bonne nouvelle pour les pauvres qui y sont écoutés, soulagés et sauvés. Le pape leur a donné la responsabilité de partager leurs découvertes avec tous.

Pour parler de la Journée Mondiale des Pauvres, la page d’évangile la plus signifiante est sans doute celle du lavement des pieds : « Vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous ».

 

Christine Gilbert, directrice de la Fondation Rodhain

samedi 29 août 2020

La crise au Liban

 Le Liban connaît une crise économique et financière sans précédent qui a précipité le pays au bord de l'effondrement. La crise alimentaire est bien là. Et le système agricole conventionnel est à bout de souffle.

Pour venir en aide aux paysans Libanais et aux réfugiés Syriens qui sont nombreux au Liban, Serge et ses amis ont créé la ferme école "Buzuruna Juzuruna": "Nos graines sont nos racines".


Depuis 2015, le réseau Buzuruna Juzuruna "Nos graines sont nos racines" développe différents projets agricoles au Liban : banque de semence de Taanayel ; ferme-école de Saadnayel ; jardins urbains dans la région de Beyrouth ; jardins-potagers dans les camps de réfugiés, etc. Ce réseau cherche à promouvoir les techniques et savoir-faire de l’agriculture durable au Liban, par des formations courte ou longue au sein de la ferme-école, des sessions de sensibilisations, l’échange de pratique, etc. Dans le cadre de ces formations, l’association vise également à créer, harmoniser, traduire des curriculums de formation sur les techniques de l’agriculture « intégrée » accessible à tous et pédagogiques, puis à viser à leur diffusion au plus grand nombre. Un accent particulier est mis sur la production, multiplication, ré-adaptation et sélection de variétés de semences paysannes du Moyen-Orient, au sein des deux hectars de la ferme de Saadnayel, sur un mode expérimental (test de germination, test d’associations culturales, recettes de pesticides et fertilisants, techniques agricoles…) Enfin, en marge de ces activités, l’association produit, de manière biologique : semence paysannes, plants, légumes, fruits, fleurs, aromatiques, produits alimentaires transformés et intrants agricoles (biopesticides ou biofertilisants) – destinés ensuite à la distribution, à l’échange ou à la vente.

mardi 11 août 2020

Conférence

A savoir et à faire savoir !

Mercredi 12 août 2020 à 20h30

Eglise St Michel – Les Sables


Le Père Jean-Philippe a fondé plusieurs associations au service des plus exclus. Son apostolat est tourné vers les SDF, les prostituées et les toxicomanes.

Du premier camping-car du bois de Boulogne à la maison d’accueil Magdalena, en passant par les pèlerinages à Lourdes, le Père Jean-Philippe nous fera découvrir les réalités de l’accompagnement des personnes prostituées

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